Souvent, régulièrement même, je suis interpellé quant à mon implication en politique.

Pourquoi s’investir autant dans un monde difficile et défini par de nombreux clichés, qu’ils soient justifiés ou non ?

Avec une petite touche de naïveté peut-être, je réponds que je crois en la réelle utilité de l’action politique que j’illustre via un exemple d’action très concrète.

J’ai cette chance d’avoir hérité de la fonction politique qui, à mes yeux, est la plus belle. Au jour le jour on est amené à soit aider quelqu’un à se sortir d’une mauvaise passe soit à apporter ce filet social tant nécessaire à de nombreuses personnes en souffrance profonde.

Parmi toutes les personnes aidées, une a retenu tout particulièrement mon attention : un jeune de 22 ans à l’adolescence très difficile, sans parents ni ressources vient frapper à la porte du CPAS.

Il a eu la chance de faire des études pour devenir électricien. Engagé par l’entreprise où il a fait son stage de fin d’études, il démissionne après quelques mois car son patron lui paye une partie en noir et développe des pratiques douteuses.

Il vient dès lors voir le CPAS pour bénéficier d’une aide le temps de réussir des examens d’électricien à la STIB.

Alerté par son jeune âge et ses compétences je lui demande si, par hasard, il n’avait pas pensé se lancer comme électricien indépendant. 22 ans, électricien à Bruxelles : il doit y avoir du travail…

Il me répond que bien entendu mais qu’il manque de moyens et d’un accompagnement.

Nous travaillons fort heureusement au CPAS avec une asbl qui apporte un suivi logistique, humain, psychologique aux personnes qui, comme lui, cherche à construire son propre projet. Pendant ce temps, le CPAS apporte un soutien financier (limité dans le temps, maximum 18 mois).

Au bout de quelques mois, il a pu quitter définitivement le CPAS car son activité commençait à bien fonctionner. Il venait de créer son emploi.

Après quelques temps, je le recroise et lui demande comment il va. Il me répond que tout va bien et qu’il devrait même engager quelqu’un mais qu’il hésite au vu du coût que représente un salaire.

Au même moment, au Gouvernement fédéral, j’avais pu, en tant que conseiller du Vice-Premier Ministre, participer à l’élaboration d’une mesure qui consistait à diminuer drastiquement les charges dont doivent s’acquiter les employeurs lorsqu’ils payent un salaire.

Un rapide calcul avec le jeune électricien lui permet de constater que le coût du salaire qu’il avait envisagé est nettement moindre que prévu.

Après avoir créé son propre emploi, il a donc fini pour en offrir un.

Je crois en la force de ce type d’action.

Je crois en la force de la liberté d’entreprendre,
de dévélopper ses talents et ses rêves.

Je crois que la politique est un des moyens pour être utile à cette société.

Il en existe des milliers d’autres. Mais c’est celui-là que j’ai choisi.